lundi, juin 18, 2007

Combler son retard... là ou c'est possible

Décidément, on apprend plein de choses en lisant Le Monde.
La gauche comble son retard. Dans les 461 circonscriptions qui avait lieu un duel gauche-droite, la gauche obtient 45,86% des voix contre 40,14% des voix pour la droite. (...) Selon les calculs du Monde, l'avance de la droite, qui était de 4,48% au premier tour, n'est plus que 0,28% au second tour.

Pour produire cette statistique, on se limite aux 461 circonscriptions qui ont connu un 2e tour... on s'est tout simplement privé de la centaine de circonscriptions pour lesquelles la droite a fait son meilleur score ! Avec une pensée particulière pour exemple, la 15e circonscription de Paris : 80% pour la droite au 1er tour, excusez du peu. Si la droite avait fait un score encore meilleur, avec, disons, 300 députés élus dès le 1er tour, la gauche aurait pu encore plus combler son retard, voire même dépasser la droite... sur les 200 et quelques circonscriptions restantes. Un bel exemple de biais en statistique.

jeudi, avril 12, 2007

Nouvelle star, ou les probabilités au secours de SOS Racisme

Ah, qu'elle est belle, la France ! On voit, sur M6, une émission de télé sympa, où des petits jeunes apprennent à chanter.

Et puis, tout à coup, un doute s'installe... les 4 chanteurs éliminés par le public (parmi 13) ont cette tête là :



Parmi les élus, la proportion n'est pas tout à fait la même : 1 Noir pour 8 Blancs.
C'est d'autant plus surprenant, que le jury nous explique que parmi les recalés 2 ou 3 ont été très bons, et parmi ceux que le public a choisi, 2 ou 3 ont été très mauvais.

Un petit calcul s'impose. Il y avait 4 Noirs sur les 13 candidats. Parmi les 715 possibilités de choix de 9 qualifiés parmi 13, seules 37 configurations, soit 5% des cas ne comportent qu'un seul Noir (ou zéro).
5%, le doute n'est pas permis. D'un point de vue probabiliste, c'est intéressant : aucun vote ne peut en soi être qualifié de raciste, mais le résultat de l'ensemble du scrutin l'est.

samedi, mars 24, 2007

Une enquête sérieuse : nombre de partenaires sexuels

Il est toujours intéressant de trouver des sujets d'enquête sérieux, ici la prévention des MST, pour justifier de questions croustillantes à poser à nos contemporains : quels est le nombre de partenaires sexuels dans une vie ?

La dernière enquête de l'Inserm nous donne la réponse : 4 pour les femmes et 11 pour les hommes.

A leur habitude, les médias reprennent en coeur ce chiffre aberrant: la population française étant équilibrée entre les hommes et les femmes, un tel écart est tout simplement impossible.

Le document de l'Inserm nous fournit la réponse :

De tels écarts entre les femmes et les hommes traduisent avant tout le fait que les hommes comptent généralement l’ensemble de leurs partenaires, alors que la plupart des femmes ne retiennent quant à elles que les partenaires qui ont compté dans leur vie et qui correspondent à ce qu’elles estiment qu’une relation doit être.

Il s'agit donc d'une question de représentation sociale ! Ouf, nous voici rassurés, je croyais que les chiffres étaient aberrants, alors qu'ils sont simplement faux: les personnes interrogées ne répondent pas à la question posée. En l'occurrence, selon l'Inserm, ce seraient les femmes qui minimiseraient leur réponse.

Une question me vient alors à l'esprit : si pour une des seules questions facilement vérifiables, la réponse donnée est manifestement fausse, qu'en est-il de toutes les autres questions, qu'on ne peut pas contrôler ? C'est tout le charme de ce genre d'enquête : la seule question vérifiable est fausse; les autres sont invérifiables, mais l'institut qui les produit nous garantit qu'elles sont toutes justes....

jeudi, mars 15, 2007

Théorie des graphes

Une perle découverte au hasard de mes navigations web : une application de la théorie des graphes... les relations "sexuelles ou amoureuses" des étudiants sur un campus universitaire !



Avec, dans l'article (en anglais), des explications intéressantes sur la structure du graphe : en particulier pourquoi il n'y a pas de boucle autre que la boucle principale. Enfin une application amusante des mathématiques modernes !